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Des camions plus gros en ville ? Renault Trucks ouvre le débat avec les transporteurs, les élus et les chercheurs.

A l’occasion du salon Pollutec de Lyon, Stefano Chmielewski, Président de Renault Trucks, a réuni le 3 décembre autour d’une table ronde les différentes parties prenantes du transport urbain de marchandises. Tous ont reconnu que le camion était indispensable à la vie de la cité et prôné, plutôt que d’attendre une solution miracle, des réponses concrètes applicables rapidement pour en maximaliser les bénéfices et en réduire les nuisances.

"Des camions plus gros en ville : provocation ou solution efficace pour notre environnement ?" était la question dont ont débattu Jean-Claude Desseigne, Vice-Président du Grand Lyon, François Bertreau, Président du directoire du Groupe Norbert Dentressangle, Yves Crozet, Directeur du Laboratoire d'économie des transports et Stefano Chmielewski, Président de Renault Trucks.

 Partant du constat selon lequel le camion est au transport de marchandises ce que le bus est au transport de personnes, les acteurs de ce débat ont rappelé toute la légitimité des marchandises, et donc des camions à être en ville. Mais face à la « concurrence » pour le partage de la voierie, l’enjeu des collectivités sera de lui réserver l’espace dont il a besoin et sans doute de se doter d'outils nouveaux pour organiser la chaîne logistique complexe des livraisons.

 Il faudra alors s’orienter vers une optimisation des flux qui loin d’être néfaste à l’environnement lui est particulièrement favorable en ville. Un exemple ? Utiliser un camion de moyen tonnage au lieu de douze véhicules utilitaires permet de diviser la surface occupée au sol par les camions par trois, de diviser le bruit par six, de diviser les émissions de CO2 et de polluants par quatre et de diviser par la consommation d’énergie par trois et demi. Performance économique et performance environnementale ne s'opposent pas et les transporteurs font bénéficier leurs clients des gains qu'ils obtiennent en offrant des temps et des coûts réduits par cet effort d’optimisation (ou massification) et par tout progrès technique sur les véhicules en termes d'économie de carburant.. 

S’il n’est pas raisonnable d’attendre la solution miracle pour agir, il est possible dès aujourd’hui de mettre en place de nouvelles formes de combinaison des énergies et technologies pour des gains environnementaux rapides : il s'agit de mettre le bon camion au bon endroit avec la meilleure énergie possible. Pour aller des hubs intermodaux aux plates-formes de dégroupage En périphérie des villes, les tracteurs avec semi-remorques fonctionnant au gazole sont irremplaçables. Pour livrer en ville, les véhicules de moyen tonnage (12 à 26 tonnes) peuvent être propulsés soit au gaz naturel, offre déjà commercialisée, soit par une motorisation hybride qui combine moteur thermique et moteur électrique. L'expérimentation actuellement en cours d'une benne à ordures ménagères Renault Premium Hybrys Tech avec SITA sur le territoire du Grand Lyon laisse espérer une baisse des émissions de CO2 de l'ordre de 30 %. Enfin, Renault Trucks a présenté à Pollutec un concept Maxity électrique, vrai petit camion "zéro émission" qui pourra assurer les livraisons là où la configuration des centres-villes ne permet l'accès des moyens tonnages.

 Aujourd’hui, les politiques semblent plus qu’auparavant, à l’écoute des professionnels du transport de marchandises. La collectivité a une vraie légitimité à agir sur la mobilité des marchandises, souvent délaissée dans les politiques publiques, par le biais de la réglementation, de la gestion de l'espace public et de la maîtrise du foncier pour l'implantation d'espaces logistiques urbains. Le Grand Lyon a engagé un travail partenarial avec le monde économique et est un des fondateurs du pôle de compétitivité Lyon Urban Truck and Bus qui se consacre aux systèmes de transport collectif de personnes et de marchandises en milieu urbain. Il accueille sur son territoire des expérimentations de véhicules à émissions de polluants et de CO2 réduites et entend être le laboratoire du camion propre de demain.

 Cette table ronde a permis de faire avancer le débat. La prise de position de chacun a prouvé qu‘on ne pourra réduire l’impact sur l’environnement de l’activité du transport de marchandises qu’en impliquant tous les acteurs concernés, en allant au-delà des idées reçues quitte à parfois changer nos schémas de pensées. Sans doute l'avenir du transport de marchandises en ville passe-t-il aussi par un changement des habitudes et des modes de vie pour le citadin qui devra accepter de ne plus être livré « dans le quart d’heure » mais en tournée ou accepter d’aller chercher ses colis dans un espace logistique de quartier plutôt que de l’avoir à sa porte, tolérer que la supérette du coin soit livrée la nuit. Une manière de remettre en cause la règle de satisfaction du client à 100%...Mais en tant que consommateurs, y sommes-nous prêts ?

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